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Liberté d’expression : Quand le maire, au mépris du droit, continue à censurer une tribune libre

Pourquoi nous publions cette tribune libre?

         Dans le numéro d’avril  2025 du Fontenay Mag*, la tribune libre du groupe « Démocratie-Solidarités-Transitions / Ensemble Citoyens Fontenaisiens » a été de nouveau  censurée.

        Ce groupe a été fondé en 2023 par Madame Françoise Gagnard.

        Comme tout groupe d’élus, il a droit à une tribune libre dans le magazine municipal. Madame Françoise Gagnard ayant été élue sur la liste du maire et ne s’étant pas déclarée élue d’opposition, sa tribune libre doit être sur la page « Parole de la majorité. » C’est la loi. Le maire refuse de l’appliquer. Il censure cette tribune libre.

        La liberté d’expression est un des fondements de notre démocratie. La défendre, c’est défendre la démocratie. Aussi dans notre blog, nous publions toutes les tribunes libres censurées dans le magazine municipal par le maire*.

         Comme le mois dernier, à la place de la tribune de l’autre groupe issu de la liste conduite par le maire, il y a un article intitulé «  Parole du député », avec photo, signé par Jean-Didier Berger, député de la 12e circonscription des Hauts-de-Seine.

        Or Monsieur Berger qui est aussi conseiller municipal de Clamart, n’est pas conseiller municipal de Fontenay.

        Les Tribunes libres dans le Fontenay Mag étant réservées aux conseillers municipaux de Fontenay, le maire de Fontenay ne respecte pas le règlement intérieur qu’il a lui-même voté.  

        Refuser de publier une tribune libre d’une conseiller municipal, publier à la place un article d’un élu municipal d’une ville autre que Fontenay, le maire de Fontenay n’a que faire de la démocratie locale et de ses règles.**

 

La tribune libre censurée par le maire dans le numéro d’avril 2025 du Fontenay Mag

" Groupe  « DEMOCRATIE – SOLIDARITES – TRANSITIONS - Ensemble Citoyens Fontenaisiens. 

  Démocratie -Confiance- Transparence de l'information 

            Chacun s’accorde à constater que les citoyens fontenaisiens – comme d’autres ailleurs dans d’autres communes – ne veulent plus se contenter de voter pour une équipe municipale tous les 6 ans et revendiquent de participer aux grands thèmes et projets ou événements qui concernent leur ville et veulent s’inscrire dans une évolution. 

           Ils attendent et exigent de leurs élus municipaux : une communication claire et fluide sur les chantiers en cours , les choix à adopter, des débats, un travail commun en amont et en aval des opérations, une information claire et soutenue au fil des mois qui dépasse la référence à un programme électoral et intervienne AVANT la réalisation des opérations. Ces attentes fort légitimes sont de la responsabilité première des élus municipaux : c’est le rôle de la démocratie représentative que de les remplir.

          Pourtant à Fontenay aux Roses depuis fin 2023 les dossiers surgissent et les Conseils municipaux sont le lieu où se découvrent voire surgissent de nulle part de nouvelles opérations… peu travaillées collectivement en amont par l’équipe de majorité et qui ne sont connues que de quelques élus autour du Maire. 

         Ce fonctionnement isole les dirigeants qui deviennent rapidement allergiques à toute critique ! Les dossiers de ce genre foisonnent les derniers mois : 

               - La relocalisation sur les Blagis du Collège des Ormeaux gérée au secret – annoncée dans une réunion de Conseil de Quartier le 20 mars 2024 devant des participants et des élus médusés.  A quel moment a -t-on demandé l’avis des habitants à qui la promesse a été faite de pouvoir revenir sur le quartier ? Opération pour laquelle le Département du 92 répond par écrit en novembre qu’elle ne fait l’objet d’aucune étude sur le fond avec ses services ! Une relocalisation aux Blagis qui impacte et retarde de plusieurs années l’opération de renouvellement urbain et leur retour sur le quartier . 

            - La Convention avec l’Etablissement Public foncier Ile de France (EPFIF) gérée au secret depuis 18 mois qui se révèle en septembre 2024 à l‘occasion du Conseil Municipal . Laquelle crée 3 zones de veille urbaine , impacte le Centre-Ville alors même qu’ un atelier participatif Thématique y travaille avec les habitants depuis des mois ? . 

           - La vente de l’Espace Pré-Ados et du Centre de loisirs La Fontaine préparée depuis 2021 à un promoteur privé qui gère tout près une opération commerciale objet de multiples recours des voisins. Projet de délibération retiré en urgence de l’ordre du jour du même Conseil en septembre 2024 devant les pétitions et réactions...sans être définitivement abandonné... 

           - Que dire de l’incongruité du tout récent permis de construire -en augmentation de 132% sur une version antérieure - réhabilitant la halle du Marché et créant un restaurant de 76 couverts ?  Quid du respect et des engagements sur le devoir d’information. Stupéfaction des restaurateurs de la ville tous à dire la tension actuelle de leurs chiffres d’affaires ! Curieuse façon de « dynamiser la vie commerçante »- que de créer un nouveau restaurant et intervenir dans un domaine hors champ des compétences de la Ville . Reste à voir QUI et COMMENT va être choisi le bénéficiaire de cet investissement commercial inespéré et payé sur le budget de la ville ? 

           Pourtant depuis 2012 la ville est dotée de moyens de communication et d’instances participatives qui se sont enrichies et diversifiées. Cette évolution a donné lieu en avril 2023 à un vote unanime de l’actuel Conseil Municipal réaffirmant les principes et instances de la Charte réactualisée de la Démocratie participative. 

         Ces instances existent, sont mobilisées, travaillent et sont force de proposition . Alors comment comprendre et prendre la mesure de ce « ras le bol » qui s’exprime par des interventions multiples , des pétitions, des interventions associatives qui attendent plus de transparence et de clarté sur les projets en cours ? Pour briser la résignation les citoyens ont compris l’urgence à agir, s’organisent et veulent désormais mobiliser tous les moyens de la Démocratie d’interpellation.

         Cette exigence de transparence est aussi celle des 9 élus – dont ceux de la majorité qui ont signé une demande de Mission d’Information et d’Evaluation sur le Service Logement malgré les menaces d’exclusion émises à leur encontre. Les élus demandeurs de transparence se sont vu refuser – en toute illégalité, rappelée par le Préfet - l’inscription à L’ordre du jour de la Mission d’information et de Transparence sur le fonctionnement du service Logement à lors du Conseil du 12 Décembre 2024.  Cette MIE « Mission d’Evaluation et d’Information » est pourtant organisée par la loi depuis le 21 février 2022 et s’impose aux Collectivités communales (art L2121-22-1du CGCT. C’est l’exercice du droit de contrôle des Elus municipaux. A Fontenay le défaut de veille juridique de la Mairie – qui a un service juridique composé de deux juristes à temps plein et les manquements à s’adapter durant deux ans et demi à intégrer la MIE au règlement intérieur justifierait la non-application de la Loi ? A éviter de répondre aux questions de fond sur le fonctionnement du Service Logement qui intéresse tous les fontenaisiens ? Pourtant « Nul n’est censé ignorer le Loi ? » .

        Affronter et aller au fond des choses, communiquer sur la transparence et la clarté des règles de procédure et de contrôle , proposer d’associer les élus et les citoyens à l’évaluation du fonctionnement des services sont une obligation légale et relève de la responsabilité fondamentale d’une équipe municipale et en premier lieu du Maire .A Fontenay aux Roses la gestion démocratique et transparente reste une promesse encore attendue : un enjeu déterminant lors des prochaines municipales

Françoise  GAGNARD  Conseillère Municipale"

 

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire ». Voltaire

 

Suzanne Bourdet       Michel Faye

 

*Le directeur de publication du Fontenay Mag est le maire, Monsieur Laurent Vastel.

** page 31 du Fontenay Mag d'avril 2025  (n° 502)

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